Fantasy, Science-Fantasy

Hastur Lord (Romance de Ténébreuse / Darkover), de Deborah J. Ross

Genre : Science-fantasy.
Première édition : 2010 (non traduit).
Présentation de l’éditeur : « Regis Hastur was the heir to the most powerful domain on Darkover. When his grandfather died, he would inherit the title Hastur of Hastur, Regent of Darkover—king in everything but name. But ironically, this mantle was the last thing Regis had ever wanted. For he dreamed of a different kind of life—a life with the freedom to live and love like an ordinary man, without the expectations and responsibilities of his position.
Yet even Regis recognized Darkover’s desperate need for strong, rational leadership—leadership only he had been trained to provide. But now that his time was at hand, was Regis willing to make the personal sacrifices necessary to lead his world? Or would he turn away from his destiny and finally make his real dreams come true? For on his grandfather’s deathbed Regis learns that he has a brother—an older half-brother who could finally relieve Regis of the burden of title he had never wanted…. Would Regis finally let himself be free to be the man he had always dreamed of being?
« 

Ma chronique :

(lu en VO, anglais très accessible)

Ce roman fait partie de ceux écrits par Deborah J. Ross, d’après les notes de Marion Zimmer Bradley, et est inclus dans le canon de la saga.

Une dizaine d’années après Les Casseurs de Monde, Regis Hastur est toujours l’héritier de son sévère grand-père Danvan, Régent de Ténébreuse. Il reçoit un message secret de Lew, le sénateur de la planète au sein de l’Empire terrien : le système politique est maintenant aux mains des extrémistes qui vont transformer l’empire en fédération, et qui veulent forcer les planètes comme Ténébreuse à s’ouvrir au commerce avec les Terriens. Regis et Lew craignent non seulement la mise en danger de la culture de Ténébreuse (le lecteur va pointer un système très inégalitaire, avec les Comyn dirigeant la planète, et le reste de la population, présumée sans laran, condamnée à être paysan ou artisan) mais aussi la destruction de son écologie fragile déjà abîmée par les Casseurs de Monde. Regis et Lew savent que certains de leurs pairs Comyn sont attirés par les richesses et la liberté terrienne.

En parallèle, le régent Danvan met la pression sur son petit-fils pour qu’il se marie. Or tout le monde sait que Regis est en couple avec son écuyer Danilo, même s’il essaie de rester discret. La société des Comyn ne rejette pas l’homosexualité, mais s’attend à ce que les héritiers des Domaines assurent la succession et surtout transmettent le laran. Regis estime avoir déjà fait son devoir en ayant nommé son neveu comme héritier, et en ayant engendré des enfants nedestro (illégitime) avec des femmes de sa caste désireuses de porter un enfant d’un Hastur.

Mais sur son lit de mort, Danvan avoue à Regis qu’il a un demi-frère plus âgé nedestro, dont l’existence avait été cachée car né emmasca (ni homme ni femme, et stérile). Regis s’empresse de chercher des traces de ce demi-frère, Rinaldo, et découvre qu’il a été envoyé encore bébé au monastère de Nevarsin, ce lieu reculé de Ténébreuse où les moines perpétuent la religion christoforo, héritière du catholicisme dans sa version la plus rigoureuse. Regis appelle près de lui Rinaldo et le fait reconnaître par l’ensemble des Comyn. Mais les ennemis de Regis, désireux d’avoir un pion entre les mains, vont s’allier avec Rinaldo pour prendre le pouvoir, sans s’apercevoir que ce nouveau venu est avant tout un fanatique religieux.

Les prémisses de départ de ce roman sont intéressantes, et auraient pu offrir une des histoires les plus dramatiques du cycle : la prise de pouvoir par un fanatique qui pense sauver les âmes mais vire au despotisme, les enjeux de pouvoirs dans l’ombre, avec des Comyn affaiblis, des familles attirées par les richesses de la Terre et une Fédération aux aguets.

Mais ce livre est affreusement bavard. C’est long. Le lecteur passe un temps fou avec les tergiversations de Regis, son regret d’être l’héritier et de ne pas choisir sa vie, sa volonté de ménager ceux qu’il aime, et ses doutes incessants. Chaque action traîne en longueur, parce que l’auteure prend un plaisir pervers à donner au lecteur tous les états d’âme de son héros. C’est d’autant plus dommage qu’elle est capable d’écrire des histoires palpitantes tout en exposant avec art les motivations de ses protagonistes. Mais ici, chaque élément est le prétexte à des palabres sans fin.

De plus, l’écriture du personnage principal recèle quelques failles : Regis est un futur homme d’État qui clame que le devenir de Ténébreuse est sa principale mission, mais il cède au chantage de ses ennemis dès qu’ils menacent ses proches. Ah bon. Et il abandonne trop facilement sa capitale pendant dix jours, sans escorte, pour mettre à l’abri un proche. Un homme d’état, je vous dis !

Bref, malgré un fond intéressant sur les ravages du fanatisme religieux, ce roman est très loin des meilleurs du cycle.

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