Science-Fiction, Space-Opera

L’Empereur-Dieu de Dune (cycle de Dune, tome 4), de Frank Herbert

Genre : Science-Fiction.
Première édition : 1982 en VF (God Emperor of Dune, 1981 en VO).
Présentation de l’éditeur : « Plusieurs millénaires se sont écoulés sur Arrakis et la planète désertique est devenue une oasis verdoyante. Leto Atréides, fils de l’Empereur Paul-Muad’Dib, a consenti à une terrible métamorphose pour rester en vie. Pour préserver l’avenir de l’humanité, il a sacrifié la sienne en fusionnant avec des truites des sables, ce qui lui confère une quasi-immortalité en tant qu’Empereur-Dieu de Dune.
Sa transformation a modifié non seulement son apparence, mais aussi sa moralité, et c’est d’une main de fer qu’il dirige son empire. Siona, une Atréides elle aussi, fomente une rébellion pour mettre fin à sa tyrannie… ignorant qu’elle fait partie intégrante des plans du despote. Le Sentier d’Or que Leto appelle de ses vœux se paiera au prix fort
. »

Ma chronique :

J’aborde maintenant les tomes que je n’avais jamais lus dans le cycle de Dune. Après avoir été plongée dans celui-ci, le quatrième de la saga, je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt !

3 500 ans après les événements relatés dans Les Enfants du Dune, Leto II règne toujours sur l’univers connu. Sa transformation (incomplète) en ver lui donne une longévité hors-norme ; et le peuple le considère comme un dieu, conséquence logique de la religion propagée par son père Paul Atréides et de son propre état : il n’est plus tout à fait humain. Ses fidèles lui obéissent aveuglement et lui rendent une grande dévotion, au premier rang desquelles les Truitesses (traduction bizarroïde de Fish Speakers), femmes guerrières qui constituent sa garde rapprochée.

Mais surtout, Leto, qui possède la prescience, est devenu un tyran qui impose La Paix de Leto, une tranquillité forcée, étape de son Sentier d’Or. Il a éliminé toute force ennemie, même si les Bene Gesserit, les Tleilax et les Ixiens jouent leur propre partition, voire aimeraient retrouver du pouvoir. Sa dictature n’a pas supprimé les forces antagonistes, mais son contrôle absolu de l’Épice est sans commune mesure.

Leto est secondé par Moneo, un Atréides descendant de sa sœur Ghani, dont la fille Siona se rebelle et rêve de la fin de la tyrannie ; et par « un Duncan ». Car les Ixiens continuent de cloner l’ancien fidèle en créant des gholas, et après la mort de l’un, un autre exemplaire arrive.

Mais les tensions sont présentes, des attentats sont déjoués, et le lecteur devine que même si Leto II a un plan, la part de hasard qu’il estime nécessaire va précipiter les événements.

J’ai été épatée par la narration, qui se fait principalement à travers des dialogues. La lecture de certains chapitres est passionnante. Leto émet ses aphorismes (beaucoup plus faciles à comprendre que dans le tome précédent), et le lecteur ressent le dirigeant qui a longuement vécu et analysé le passé à travers les âmes des ancêtres qui vivent en lui. Pourtant, l’arrivée d’un nouveau personnage réveillera une part d’humanité qu’il n’a jamais connue, car Leto est surtout solitaire : à la fois un ver géant et un despote retiré en son domaine, il ne peut avoir de relations normales avec les humains. Et il s’ennuie. Mais il continue son grand projet, le Sentier d’Or, pour sauver l’humanité de l’extinction qu’il a vue dans le futur.

Duncan a aussi une très grande place dans ce tome, représentant « l’homme du passé » fidèle à une certaine idée des Atréides et des Fremens qu’il ne reconnaît plus dans leurs descendants. L’ancien guerrier loyal de Leto I et de Paul n’adhère pas à la politique de Leto II, c’est le moins qu’on puisse dire : l’Empereur-Dieu n’hésite pas à exécuter des ennemis et à manipuler, au nom d’une vision que lui seul connaît, avec un despotisme assumé, et il a transformé les planètes en prison selon les propres mots de Duncan. Ce dernier représente le conflit entre la loyauté à une famille, presque à une idée, et la froide réalité imposée par son dirigeant.

Frank Herbert continue sa réflexion sur le pouvoir — y compris son pourrissement sur le long terme — et sur la religion, deux de ses thèmes fétiches. Dans une Dune profondément transformée — ce n’est plus un désert — l’Épice est toujours la source du pouvoir, des richesses, et est l’objet des convoitises.

J’ai nettement préféré ce tome au précédent, car les pensées philosophiques sur le pouvoir et l’humanité sont moins obscures. Hâte de lire la suite !

Autres chroniques dans la blogosphère : signalez-vous en commentaire !

Dune (cycle de Dune, tome 1)
Le Messie de Dune (cycle de Dune, tome 2)
Les Enfants de Dune (cycle de Dune, tome 3)
L’Empereur-Dieu de Dune (cycle de Dune, tome 4)
Les Hérétiques de Dune (cycle de Dune, tome 5)
La Maison des mères (cycle de Dune, tome 6)

6 réflexions au sujet de “L’Empereur-Dieu de Dune (cycle de Dune, tome 4), de Frank Herbert”

  1. Le tome sur lequel je bute.
    Sans n’avoir jamais pu le franchir.
    Non pas tant par désintérêt que par overdose d’obstacles de compréhension à contourner.
    Je fais partie de ceux pour qui Dune se termine ici alors que pour les autres la saga ne fait que commencer.
    Je me suis essayé bien des fois à tout relire pour, finalement, me heurter à cet éternel rempart où naviguent des truites que je comprend pas et cette Arrakis qui n’est plus celle, belle et étrange, des débuts.
    Je voudrais tant, à mon tour, saluer les hérétiques à venir.
    Un jour, qui sait ?

    Aimé par 1 personne

    1. J’ai adulé le cycle jusqu’à ce tome, puis le soufflé m’est retombé sous les yeux. C’est dommage quand même, mais bon. Il me manque une clef de compréhension, mais laquelle ? Je ne suis pas le seul dans ce cas. Les forums SF font clairement remonter le phénomène pour une frange assez consistante du lectorat.

      Aimé par 1 personne

      1. D’après ce que j’ai lu, certains lecteurs auraient aimé plus d’actions. On est sur un cycle où l’auteur appuie fortement sur des considérations de la philosophie du pouvoir, sur l’évolution de l’humanité selon les contextes, etc. Je comprends que ça ne parle pas à tout le monde.

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      2. Oui. Il y a de çà et çà parait être sans frein, monolithique et répétitif. Ainsi, il me semble me souvenir, les remontées avaient permis à FH d’alléger « Les hérétiques ». Dans cette promesse d’un dos d’âne à franchir, je renouerais volontiers avec le cycle. D’autant que les séquelles, préquelles, tous les greffons satellitaires du fils + Anderson m’ont toujours laissé un sentiment d’incomplétude.

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