Science-Fiction, Space-Opera

Les enfants de Dune (cycle de Dune, tome 3), de Frank Herbert

Genre : Science-Fiction.
Première édition : 1978 en VF (The Children of Dune, 1976 en VO).
Présentation de l’éditeur : « Sur Dune, le temps de l’accomplissement des anciennes prophéties est venu. La transformation écologique s’accélère : l’eau, jadis plus coûteuse que l’or, coule à flots, et la végétation s’étend sur la surface de la planète, menaçant les vers des sables et la précieuse Épice.
En partant dans le désert pour mourir, conformément à la tradition fremen, Paul-Muad’Dib a laissé ses jumeaux Leto et Ghanima affronter seuls leurs ennemis, qu’ils viennent de l’extérieur… ou du plus profond d’eux-mêmes. Ils devront déjouer leurs complots s’ils veulent survivre et refondre l’univers humain ébranlé par le Jihad avant de régner à leur tour sur Dune.
« 

Ma chronique :

Les jumeaux royaux, Leto et Ghanima, ont maintenant 9 ans et sont sous la protection de Stilgar, alors que leur tante Alia — la sœur de Paul Atréides — assure la Régence de l’Impérium.

Dune a bien changé depuis la fin du Messie de Dune. Des zones entières sont recouvertes de végétation, réalisant le rêve des Fremens d’une planète verdoyante. Pourtant, certains regrettent l’ancien temps : le peuple Fremen lui-même s’est transformé avec Dune, vivant dans les villes, oubliant les vieilles traditions, et perdant sa vigueur et sa rudesse.

De son côté, Alia, pré-née, a longtemps lutté contre les esprits de ses ancêtres qui se battent dans son propre esprit. Mais elle a perdu la bataille, et malheureusement pour elle, elle tombe sous la coupe de l’esprit de son grand-père le Baron Harkonnen, ennemi implacable de sa famille : elle est devenue l’Abomination tant crainte par les Bene Gesserit. Et elle s’inquiète d’un Prêcheur qui a l’écoute des foules, et qui serait, dit-on, Muab’did, c’est-à-dire son frère disparu.

En parallèle, le jeune Leto, grâce à sa préscience, voit que le bouleversement écologique de Dune menace aussi l’avenir des vers géants et de l’Épice. Enfant qui n’est pas un enfant, comme sa sœur Ghanima, il est un stratège hors-pair qui bénéficie des esprits de ses ancêtres qui vivent en lui, et il anticipe les actions des autres acteurs de ce jeu de pouvoir. Les deux jumeaux ont un corps de 9 ans, mais ils possèdent une compréhension hors-norme du monde et des adultes. Ils sont des protagonistes étranges qui perturbent le lecteur.

Il est frappant de constater que les personnages les plus attachants sont des personnages secondaires : Duncan Idaho qui voit sa femme sombrer, le jeune héritier des Corrino, Farad’n, qui doit diriger sa maison alors que ses goûts l’emmèneraient ailleurs, ou encore Stilgar qui n’approuve pas l’évolution de sa planète.

Comme dans les tomes précédents, les ambitions mettent en place des jeux de pouvoir et des complots, pour le contrôle de cet « univers connu » où les Atréïdes exercent un pouvoir totalitaire basé sur la religion ; mais les ennemis rêvent, dans l’ombre, de renverser la dynastie. Dans cette ambiance oppressante où la méfiance envers les autres est la règle, même la cour est le théâtre de trahisons, même les membres de la famille Atréïdes finissent par s’élever les uns contre les autres. Malgré tout, le lecteur y voit une tragédie grecque, avec un destin inexorable enclenché avant la naissance des protagonistes.

Au milieu de voyages dans le désert, de fuites vers les sietchs, de scènes dans le palais royal ou sur les places de la capitale Arakeen, le roman ne manque pas de considérations philosophiques, parfois écrites dans une langue cryptique. C’est pourtant là que l’intention de l’auteur se dévoile, mais elles ne sont pas toujours aisées à saisir. La lecture de certains passages requiert de l’attention. L’impact des changements, et la résistance à ceux-ci, le pouvoir et l’instrumentalisation de la religion sont au cœur du récit, tout comme les manipulations écologiques et l’absence de vision à long terme des hommes. Au contraire, Leto, grâce à sa préscience, entreverra le Sentier d’Or et décidera seul d’un chemin pour l’Empire connu. Avec le recul, il est glaçant de penser qu’un individu ait un tel pouvoir, et que cette unique personne consolidera la tyrannie sur une très longue durée, « pour le bien de l’humanité ».

Autres chroniques dans la blogosphère : Tigger Lilly,

Dune (cycle de Dune, tome 1)
Le Messie de Dune (cycle de Dune, tome 2)
Les Enfants de Dune (cycle de Dune, tome 3)
L’Empereur-Dieu de Dune (cycle de Dune, tome 4)
Les Hérétiques de Dune (cycle de Dune, tome 5)
La Maison des mères (cycle de Dune, tome 6)

6 réflexions au sujet de “Les enfants de Dune (cycle de Dune, tome 3), de Frank Herbert”

  1. Ce tome m’est le dernier à ne pas m’avoir perdu. Le prochain, début de la substantifique moelle du cycle pour certains, m’a égaré au point de me sentir au pied d’un mur infranchissable. Par trois fois j’ai tout retenté depuis le début: échec.

    Aimé par 1 personne

    1. Jusqu’ici, c’était une relecture, et à partir du tome 4 ce sera une découverte (même si je connais la trame narrative pour avoir lu des résumés). Je verrai si je reste accrochée ou si ce sera trop brumeux pour moi !

      J’aime

  2. En effet, l’impact des transformations écologiques sur le mode de vie des Fremens est très intéressant, j’ai trouvé. J’avais aussi trouvé le côté tragédie grecque encore plus présent dans celui-ci. Une très bonne lecture au final même si j’ai eu un peu peur au début que ce soit poussif et compliqué tout du long.

    Aimé par 1 personne

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