Science-Fiction, SF Générale

Révolte sur la Lune, de Robert Heinlein

Genre : Science-Fiction.
Première édition : 1971 en VF (The Moon is a Harsh Mistress, 1966 en VO).
Présentation de l’éditeur : « La Lune a été transformée en colonie pénitentiaire. Manuel Garcia O’Kelly y mène une existence de technicien informatique sans la moindre perspective. Né libre, il est condamné à partager le destin des bagnards de Luna et de leurs descendants, dont la Terre exploite sans vergogne le travail. Mais Manuel rêve de justice. Quand Mike, son superordinateur devenu une entité consciente, finit par déduire des données à sa disposition que la colonie lunaire court à sa perte si elle ne se libère pas du joug terrestre, la solution s’impose d’elle-même : il faut organiser la révolte.
Vaste réflexion sur la politique et les passions humaines, l’histoire et la science, Révolte sur la Lune est le quatrième roman de Robert Heinlein à avoir obtenu le prix Hugo.
« 

Ma chronique :

Robert Heinlein est un des auteurs phares de « l’âge d’or de la SF », mais après la lecture de Etoiles, garde-à-vous, j’ai été tentée de ne plus explorer sa bibliographie car ce roman m’avait refroidie. Révolte sur la Lune est la preuve que certains écrivains sont capables de proposer des récits très différents, et je me pince encore pour croire que ces deux œuvres ont été écrites par la même personne !

La Lune a été colonisée depuis un siècle et est devenue une colonie pénitentiaire. Plus précisément, des condamnés y sont envoyés pour y travailler, notamment dans l’agriculture avec des « termitières souterraines », mais ils ne peuvent revenir sur Terre car la faible pesanteur a profondément modifié leur corps. Au moment où commence le roman, leurs descendants sont toujours là, travaillant pour une économie où ils sont perdants, l’Autorité Terrienne leur vendant tout au prix fort et leur achetant le grain à bas prix. Les « Lunatiques » ne s’en sortent pas. L’Autorité Terrienne, émanation des Nations Unies, continue à envoyer des prisonniers sur la Lune et maintient une pression sur les Lunatiques tout en les méprisant, tout comme l’ensemble des Terriens qui eux aussi dédaignent leurs cousins de la Lune. Certains Lunatiques commencent à organiser des réunions secrètes pour protester.

Mais le ton du roman est très vite donné. Comment appelle-t-on le gros machin qui fonctionne à sens unique et qui envoie les grains récoltés de la Lune à la Terre ? Bah, c’est la catapulte. Vous en posez de ces questions, pardi ! Parce que ce roman est bourré d’humour, parfois grinçant, parfois ubuesque, parfois gonflé.

Tous les systèmes de la Lune sont contrôlés par un des ordinateurs de l’Autorité. Mais cet ordinateur acquiert une conscience. Il s’ennuie. Il aimerait s’amuser. Il se sent seul et voudrait avoir un ami. Alors Mike — c’est le nom qu’il s’est donné — se met un beau jour à parler au technicien Man, le narrateur du roman. Il demande à Man si ses blagues sont drôles. Mike sait tout, il a tout lu, mais Mike a la mentalité d’un enfant.

Et Man, le technicien, parle à Mike. Man échange avec Mike. Man se retrouve embarqué dans une réunion de protestation, et va entraîner Mike avec lui.

Mike va beaucoup s’amuser. Mike va tout estimer, calculer, projeter, pour aider ses nouveaux amis. Mike va apprendre le secret, l’espionnage, la manipulation, la guerre. Mike va jouer à la révolution.

Évidemment, on trouvera beaucoup d’autres choses dans ce roman, qui expose des idées très libertariennes — parfois, ça décoiffe, voire ça peut faire lever les yeux au ciel — et la connaissance qu’a l’auteur des révolutions : la seconde partie du roman décortique pas à pas ce qui devient une guerre de libération. Dès les premiers chapitres, le lecteur découvre une petite équipe de révolutionnaires en goguette (tous plus improbables les uns que les autres) qui va fomenter des troubles contre cette Terre qui exploite les Lunatiques en prétextant le nécessaire remboursement des investissements sur la Lune. Or cela fait bien longtemps que les Terriens sont entrés dans leurs frais. Mais qui se soucie de forçats ou de leurs descendants ? La Lune veut son indépendance. Sa population, d’abord indifférente, sera instrumentalisée pour s’engager sur le chemin de sa liberté par Man qui veut pas être un héros ni un chef et qui reste sarcastique, par Prof l’anarchiste et l’intellectuel qui adopte le rôle de sage pour ce projet pas si anarchiste puisqu’il va aider à créer un nouvel État et un gouvernement, par Wyoh la femme toujours d’attaque et qui n’a pas sa langue dans sa poche, par Stu le rejeton d’une famille noble immédiatement emballé par la perspective de libérer la Lune, et bien sûr par Mike l’ordinateur qui est heureux de participer à cette aventure avec ses nouveaux amis.

Heinlein s’est beaucoup amusé à écrire ce roman, et cela se ressent. Certains passages sont un vrai plaisir de lecture.

Autres chroniques dans la blogosphère : FeydRautha,

6 réflexions au sujet de “Révolte sur la Lune, de Robert Heinlein”

      1. Oui, c’est rare de tout aimer d’un auteur, donc sur une lecture on peut toujours mal tomber.
        Si tu veux encore voir une facette un peu différente d’Heinlein, il y a « Jackpots » chez ActuSF, un très bon petit recueil.

        Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s