Dystopie, Post-apocalyptique, Science-Fiction

Le Roman de Jeanne, de Lidia Yuknavitch

Genre : Science-Fiction.
Première édition : 2018 en VF (The Book of Joan, 2017 en VO).
Présentation de l’éditeur : « Anéantie par les excès de l’humanité et des guerres interminables, la Terre n’est plus que cendres et désolation. Seuls les plus riches survivent, forcés de s’adapter à des conditions apocalyptiques. Leurs corps se sont transformés, albinos, stériles, les survivants se voient désormais contraints de mourir le jour de leurs cinquante ans. Tous vivent dans la peur, sous le joug du sanguinaire Jean de Men.
Christine Pizan a quarante-neuf ans. La date fatidique approche . Rebelle, artiste, elle adule le souvenir d’une héroïne, Jeanne, prétendument morte sur le bûcher. Jeanne serait la dernière à avoir osé s’opposer au tyran. En bravant les interdits et en racontant l’histoire de Jeanne, Christine parviendra-t-elle à faire sonner l’heure de la rébellion ? »

Ma chronique :

Dans un futur proche, la Terre est dévastée et ce qu’il reste d’humanité survit dans C.I.E.L., un vaisseau au-dessus de notre planète. Survivre, c’est le terme : asexués et incapables d’enfanter, sous le joug de Jean de Meer, ils écrivent sur leur peau, ou plutôt, ils la brûlent pour y laisser des « griphes », la brûlent et la rebrûlent pour y écrire des mots, des phrases, des histoires, masquant mal leurs corps exsangues. Ils se torturent eux-mêmes dans cette prison de l’espace.

Christine Pizan (nom rappelant la première femme de lettre française à vivre de sa plume) approche de ses cinquante ans. Selon les règles de cette communauté, elle sera sacrifiée et les éléments de son corps seront récupérés (ça vaut bien la peine de transformer son corps en manuscrit). Amoureuse de Trincullo depuis son plus jeune âge, elle reste sa meilleure amie alors que celui-ci est homosexuel. Il utilise son corps avec un art lubrique pour provoquer cette microsociété et surtout le dictateur Jean de Meer.

Tous se souviennent de Jeanne, une jeune fille promettant de sauver l’humanité mais brûlée sur le bûcher (oui).

Mais un jour, Christine apprend que Jeanne serait vivante.

Alors, disons-le franchement : les premières lignes de cette chronique reflètent mal l’immense noirceur de ce roman, son univers désespéré et désespérant, son obsession pour le sexe et la douleur dans un monde où les humains n’ont plus d’organes génitaux et regrettent le passé. Le passé, justement… On apprend assez vite que Jeanne pensait qu’elle était la cause de la fin de la Terre, mais le lecteur n’en saura jamais plus. Pourquoi, comment ? Mystère. On lit que cette jeune fille est proche de la terre, elle acquiert d’étranges pouvoirs, mais comment a-t-elle provoqué la fin de l’humanité ? Cela restera parmi les questions sans réponses. Je ne parle même pas de la raison pour laquelle le reliquat d’humanité, parqué dans C.I.E.L., est devenu asexué alors que l’histoire est censée se dérouler dans… moins de 30 ans (2049), donc le lecteur est en droit de demander une explication à ce bouleversement majeur.

D’autres éléments sont difficiles à comprendre : des révélations qui ne mènent nulle part, des évènements dont on peine à saisir l’intérêt dans la trame, le tout amplifié par quelques facilités narratives malheureuses.

Le récit est truffé de symbolisme, point que j’ai apprécié lors des premiers chapitres. Seulement voilà : l’auteure en rajoute, et à la fin j’ai eu le sentiment d’une succession d’allégories qui n’avaient plus tellement de sens. Et je pense que c’est la principale critique que je ferais : habituellement, ce type de roman, très noir, porte un message. C’est son intérêt majeur (car la noirceur « pour la noirceur » passionne peu de monde). Mais ici, lequel est-il ? Hormis la condamnation de la guerre, thématique survolée qui ne semble même pas être la raison de la fin de l’humanité sur Terre (qui, je le rappelle, aurait été provoquée par Jeanne, mais on ne sait pas pourquoi), ou la dégénérescence corporelle des survivants dans C.I.E.L. qui ne sera jamais justifiée, on peine à comprendre le sens de ce roman qui s’enfonce dans la noirceur et l’eschatologie.

À tel point que la conclusion, voulant distiller un peu d’espoir, m’a laissé de marbre.

En résumé : je suis passée complètement à côté de cette histoire !

Autres chroniques dans la blogosphère (un roman qui divise) : Gromovar, Lune, Tigger Lilly, Just A Word, Baroona, Lorhkan, Lhisbei,

4 réflexions au sujet de “Le Roman de Jeanne, de Lidia Yuknavitch”

  1. « les premières lignes de cette chronique reflètent mal l’immense noirceur de ce roman (…) » : ce début de chronique réussit surtout à expliquer « l’intrigue » et l’univers et à les rendre clairs, c’est impressionnant et assurément différent du roman en lui-même. 😅

    Aimé par 1 personne

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