Fantastique

Widjigo, d’Estelle Faye

Genre : Fantastique.
Première édition : 2021.
Présentation de l’éditeur : « En 1793, Jean Verdier, un jeune lieutenant de la République, est envoyé avec son régiment sur les côtes de la Basse-Bretagne pour capturer un noble, Justinien de Salers, qui se cache dans une vieille forteresse en bord de mer.
Alors que la troupe tente de rejoindre le donjon en ruines ceint par les eaux, un coup de feu retentit et une voix intime à Jean d’entrer. A l’intérieur, le vieux noble passe un marché avec le jeune officier : il acceptera de le suivre quand il lui aura conté son histoire.
Celle d’un naufrage sur l’île de Terre-Neuve, quarante ans plus tôt. Celle d’une lutte pour la survie dans une nature hostile et froide, où la solitude et la faim peuvent engendrer des monstres…
« 

Ma chronique :

Basse-Bretagne, 1793 : Jean Verdier et sa troupe viennent arrêter Justinien de Salers, vieux marquis défiguré et retranché dans son fort au bord de la mer. Mais Justinien lui demande d’accepter d’entendre son histoire. Et durant toute la nuit, Justinien lui racontera ce qui a bouleversé sa vie.

Terre-Neuve, 1754 : Justinien, renié et exilé par son père, écume les tavernes de l’Acadie devenue anglaise et s’abrutit dans l’alcool, quand un négociant lui propose de rejoindre une équipe qui recherchera la cause de la disparition d’une expédition menée par un cartographe.

Justinien accompagne Marie, la métisse algonquine en qui il reconnaît la mystérieuse Camarde qui le surveillait, Clément, un botaniste qui a fait partie d’une précédente expédition, et Gabriel, le seul rescapé de ladite expédition disparue. Mais le bateau sur lequel ils avaient embarqué échoue loin de leur destination, du côté opposé de l’île. Les quelques rescapés — notre équipe et d’autres survivants — se retrouvent isolés, dans un environnement hostile, froid, gris et humide. Au matin, un cadavre dans un état effroyable est découvert. Alors que commence un long périple pour rejoindre la partie habitée de l’île, dans une nature inhospitalière en hiver, d’autres voyageurs meurent dans des conditions atroces.

Tout le monde se méfie de son voisin, la marche harassante épuise des voyageurs ; et rapidement, plane le mythe du Widjigo, ce monstre qui naîtrait de la faim, de la solitude, et qui dévorerait les âmes. L’ambiance horrifique de ce roman fantastique est servie par la plume littéraire et évocatrice de l’auteure, qui décrit un univers rugueux, sombre et inquiétant. On sent le sel, les marées, la boue, l’humidité ; on marche avec les personnages dans un monde isolé où la fin de l’hiver teinte l’environnement de gris obscur, gris-blanc, ou gris cendre. L’auteure joue avec le lecteur qui parfois ne sait pas où est la frontière entre la réalité et les visions du narrateur, alors qu’il se demande quel est le meurtrier.

La mort rôde, alors que les vieilles légendes surgissent à travers les hallucinations des voyageurs affamés. La nature humaine est disséquée dans son ambiguïté, les monstres ne sont pas ceux qu’on croit, et le cadre historique sert un récit fascinant pour un périple sur une île où des entités plus anciennes que les hommes resteraient tapies dans l’ombre de la forêt.

En ce qui me concerne, une très belle découverte.

Autres chroniques dans la blogosphère : FeydRautha, Lutin, Le nocher des livres, L’Ours inculte, Les Chroniques du Chroniqueur, Just A Word, Boudicca, CélineDanaë,

2 réflexions au sujet de “Widjigo, d’Estelle Faye”

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