Non-Fiction, Témoignages

Réparer les Femmes : un Combat contre la Barbarie, des Dr Denis Mukwege et Dr Guy-Bernard Cadière

Mon avis : 20/20.

Genre : Témoignage et auto-biographie.
Première édition : 2019.
Présentation de l’éditeur : « Dans un hôpital au coeur de l’Afrique, deux hommes reconstruisent les femmes. La région du Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, est ravagée par des bandes armées depuis une vingtaine d’années. Pour asservir la population et exploiter les richesses minières, ces hommes cruels ont trouvé une arme monstrueuse : le viol et la mutilation des femmes. Détruites, elles errent dans les ruines de villages éclatés où tout espoir meurt en même temps que leur dignité. Dans son hôpital, le Dr Mukwege s’applique depuis des années à reconstruire le corps de ces femmes. Son ami, le Dr Cadière, vient d’Europe pour lui prêter main forte et nouvelles technologies. Les deux hommes, au-delà des continents, se serrent les coudes pour faire renaître les femmes d’un peuple abandonné à son sort par un monde qui ferme les yeux sur les atrocités qui y sont commises.« 

Ma chronique :

Je remercie Babelio et les éditions Mardaga pour l’envoi de ce livre.

Cet ouvrage témoigne du travail du Prix Nobel de la Paix le Dr Mukwege et de son confrère le Dr Cadière au Kivu (région de la République Démocratique du Congo) pour soigner et reconstruire des femmes victimes de bandes liées à des chefs de guerre.

Malgré la gravité du sujet, ce livre se lit d’une traite. Après une introduction qui retrace rapidement l’histoire du conflit dans cette zone, Le Dr Mukwege explique comment il en est venu à soigner et surtout « réparer » des femmes violées et grièvement blessées dans l’hôpital de Panzi qu’il a fondé. Le saccage des femmes est ici une arme de guerre pour détruire la société congolaise dans cette zone riche de minerais que tout le monde veut s’approprier. Plus tard, il sera aidé par le Dr Cadière qui a développé et amélioré la laparoscopie, technique médicale non invasive qui permet de mieux opérer en tout laissant moins de cicatrices et avec moins de complications.

Ils nous décrivent des blessures qui peuvent horrifier, mais toujours avec des mots choisis, car ce sont des médecins et pas des individus en mal de sensationnalisme. Panzi a accueilli des dizaines de milliers de jeunes filles, fillettes, bébés et femmes plus âgés… qui ont parfois vu leurs maris et leur fils se faire assassiner avant d’être violées et mutilées, pendant que d’autres ont été choisies parce qu’elles étaient seules aux champs.

C’est vraiment un livre fort, qui décrit les crimes des bandes armées et le travail des médecins pour prendre en charge les femmes afin de les reconstruire physiquement, puis psychologiquement et socialement (prise en charge « holistique »). L’équipe soignante a la volonté non seulement de réparer les corps, mais aussi d’offrir une deuxième vie aux victimes.

C’est donc aussi un message d’espoir car le livre raconte l’avenir de ces femmes qui ont repris leur vie en main. Les deux docteurs parlent d’amour : donner de l’amour à ces femmes dès leur arrivée à l’hôpital, élément capital pour leur reconstruction et leur avenir. Quelques photos insérées dans le livre nous montrent des moments de joie dans l’hôpital de Panzi.

C’est un document qui témoigne, et dénonce non seulement les chefs de guerre, mais aussi l’inaction du gouvernement RD-congolais (avec quelques sous-entendus sur la corruption), et la relative inaction internationale (il y a quand même des soldats de l’ONU). Le discours du Dr Mukwege lors de la réception de son prix Nobel – reproduit à la fin du livre – est militant, c’est un appel pour que les lois soient respectées et les criminels – enfin – arrêtés.

J’avoue faire partie de ceux qui ne savaient pas ce que les habitants de cette région subissaient, je l’ai appris quand le Dr Mukwege a reçu le Prix Nobel. Tant mieux si cette distinction a mis un coup de projecteur sur le drame de cette population qui rappelle celui des diamants de sang, mais nous savons bien que ce n’est pas suffisant. Espérons que ce livre puisse sensibiliser l’opinion publique internationale, car c’est parfois la seule manière de faire pression sur les dirigeants.

Mon avis : 20/20.

Réparer les femmes : Un combat contre la barbarie par Denis Mukwege
Réparer les femmes : Un combat contre la barbarie

3 réflexions au sujet de “Réparer les Femmes : un Combat contre la Barbarie, des Dr Denis Mukwege et Dr Guy-Bernard Cadière”

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