Planet-Opera, Science-Fiction

La main gauche de la nuit (cycle de l’Ekumen 6), de Ursula Le Guin

Mon avis : 13/20

Genre : Science-Fiction.
Première édition : 1969 (The Left Hand of Darkness).
Présentation de l’éditeur : « Sur Gethen, la planète glacée que les premiers hommes ont baptisée Hiver, il n’y a ni hommes ni femmes, seulement des êtres humains.
Des androgynes qui, dans certaines circonstances, adoptent les caractères de l’un ou l’autre sexe.
Les sociétés nombreuses qui se partagent Gethen portent toutes la marque de cette indifférenciation sexuelle.
L’Envoyé venu de la Terre, qui passe pour un monstre aux yeux des Géthéniens, parviendra-t-il à leur faire entendre le message de l’Ekumen ?
Ce splendide roman a obtenu le prix Hugo et a consacré Ursula Le Guin comme un des plus grands talents de la science-fiction.
« 

Ma chronique :

L’Envoyé terrien Genly Aï arrive sur Nivôse — appelée Géthen par ses habitants — pour convaincre les dirigeants de chaque domaine de rallier l’Ekumen, comparable à une Alliance commerciale entre humains.

Les Géthéniens sont des humains modifiés par de lointains ancêtres. La majeure partie du temps, ils ne sont ni hommes ni femmes et ils n’ont aucun caractère sexué. Cependant tous les vingt-six jours ils entrent en kemma, période où ils deviennent hommes ou femmes et s’accouplent avec un partenaire. Genly, humain restant continuellement à l’état d’homme, est vu comme une monstruosité. Malgré tout, il s’évertue à accomplir sa mission, en souhaitant rencontrer le roi du domaine où il a atterri grâce à son Premier ministre, Estraven.

Alors qu’il est sur place depuis deux ans, Genly a encore des difficultés à comprendre les spécificités culturelles de la planète. Les chapitres où Estraven est le narrateur nous décrivent un Genly balourd et maladroit, tandis que ce dernier ne voit qu’une société codifiée et pétrie de particularismes. Quand il se rend dans le domaine voisin, l’auteure imagine une autre société où les fondements culturels sont proches, mais l’organisation politique si différente rappelle les pays bureaucratiques soviétiques. Un même peuple, une même culture, deux systèmes radicalement opposés.

Le récit est connu pour explorer le genre. À ce stade du commentaire, il convient de souligner qu’il a été publié en 1969, ce qui était novateur. Genly trouve les habitants de la planète efféminés, pas seulement dans leur physique, mais aussi dans leurs attitudes. Ses réflexions un brin machistes laissent le sentiment d’un Envoyé qui juge. En réalité, le monde généthien est construit autour de cette spécificité, et l’auteure pense qu’une société sans hommes virils connaîtrait les meurtres, mais pas la guerre. À titre personnel, j’ai un peu de mal avec ce genre de cliché.

Genly et Estraven devront affronter ensemble une nature glaciale et dangereuse. Dans un style très littéraire, Ursula le Guin nous montre que les humains peuvent se rapprocher malgré les différences.

C’est un roman riche dans ces thématiques, et qui souhaite nous faire réfléchir. Pourtant, je reste un brin mitigée. J’ai trouvé la manière d’aborder et d’imaginer les sujets trop intellectuelle, l’auteure n’a pas su toucher mon cœur. La fin, censée être poignante, m’a laissée de marbre.

Challenge S4F3

Mon avis : 13/20.

  • Hors nouvelles parues isolément : Neuf vies (1969), A la veille de la Révolution (1974), Plus vaste qu’un Empire (1971)
  • Les Dépossédés, 1974 (Cycle de l’Ekymen 1, ordre de parution 6)
  • Le nom du monde est forêt, 1973 (Cycle de l’Ekymen 2, ordre de parution 5)
  • Le Monde de Rocannon, 1966 (Cycle de l’Ekymen 3, ordre de parution 1)
  • Planète d’exil, 1966 (Cycle de l’Ekymen 4, ordre de parution 2)
  • La Cité des illusions, 1967 (Cycle de l’Ekymen 5, ordre de parution 3)
  • La Main gauche de la nuit, 1969 (Cycle de l’Ekymen 6, ordre de parution 4)
  • Le Dit d’Aka, 2000 (Cycle de l’Ekymen 7, ordre de parution 9)
  • Quatre chemins de pardon, 1995, nouvelles (in L’Effet Churten) (Cycle de l’Ekymen 8, ordre de parution 8)
  • Pêcheur de la mer intérieure, 1994, nouvelles (Cycle de l’Ekymen 9, ordre de parution 7)
  • L’Anniversaire du monde, 2002, nouvelles (Cycle de l’Ekymen 10, ordre de parution 10)

7 réflexions au sujet de “La main gauche de la nuit (cycle de l’Ekumen 6), de Ursula Le Guin”

  1. Et en même temps, si ça t’a laissé froid, c’est presque thématique vu la planète, huhu.
    Dommage pour toi. J’adore l’écriture de Le Guin, que je trouve justement jamais trop intellectuelle, mais ça ne peut pas fonctionner à tous les coups. Tu comptes retenter l’autrice malgré tout ?

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  2. Je partage ton avis, ce roman est vraiment intéressant, il explore cette notion d’un monde asexué (les sexes existent mais chacun est l’un puis l’autre, un peu au hasard). Pourtant je pense à la fois qu’elle aurait pu aller plus loin. Et comme toi, je n’ai pas été captivé par le roman. Rien à voir avec EarthSea,

    Aimé par 1 personne

  3. Je ne connais pas ce roman si renommé. Je n’ai rencontré l’auteure que par « Le nom du monde est forêt » qui m’avait laissé intéressé mais avec l’ombre d’un monde pas « finalisé » dans ses intentions et sa potentialité. Juste une ébauche de ce qu’il aurait pu donner. L’ombre d’un dommage planant sur l’oeuvre.
    Je me promets de lire un jour « La main gauche » car c’est, semble t’il, un incontournable SF via le titre lui-même mais aussi par son auteure.

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  4. Arf c’est dommage mais je comprends, je m’y suis reprise à deux fois avant d’en venir à bout de ce livre mais je ne regrette pas. Certains de ses titres sont moins « froids » ceci dit.

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