
Genre : Science-Fiction.
Première édition : 2026.
Couverture : Philippe Caza.
Ma chronique :
Et voici le nouveau numéro de Bifrost. J’ai commencé comme souvent par les critiques des derniers romans SFFF parus. Comme d’habitude, je me suis noté quelques titres.
Le dossier est cette fois-ci consacré à Roland C. Wagner (1960 – 2012), dont j’ai plusieurs fois entendu parler – il a ses amateurs – mais je ne l’ai jamais lu. On démarre par deux longues interviews menées du vivant de l’auteur : je découvre un homme attachant, foutraque, rock, farceur, et passionné de SF dès le plus jeune âge. Un être entier, assurément. Respectueux de la littérature populaire – il admirait la collection FNA (Fleuve Noir Anticipation) – et serial writer, il était une figure clef du milieu. La couverture de ce numéro s’inspire d’ailleurs de ses personnages les plus connus. Suit (évidemment) une analyse de sa bibliographie. Une personnalité, assurément, auquel rendent hommage ses copains qui ont eu la chance de le côtoyer.
Après le dossier vient le traditionnel Scientifiction avec une analyse critique du film Her par Frédéric Landragin, sous le prisme des interactions verbales. Très pédagogique, et bravo à l’auteur d’avoir été aussi clair.
Venons maintenant aux nouvelles.
Fragment du Livre de la mer, de Roland C. Wagner. C’est le premier texte que je lis de l’auteur. Dans un avenir proche, un homme travaille sur un chalutier si automatisé que le bateau n’a plus besoin de l’humain. Un jour, cet homme pêche le corps d’un adolescent. Une courte nouvelle qui brasse de nombreuses thématiques, dont la perte d’utilité des humains face à l’automatisation et l’extinction des espèces. Un style fluide qui met en valeur l’inventivité, l’onirisme, la recherche de ce qu’est le propre de l’être humain. J’ai eu l’impression que l’auteur cherchait un espoir, presque une échappatoire à la destruction de notre environnement, et n’a trouvé au bout du chemin qu’un rêve.
Contes de Lowmarsh et des villages au-delà, de Chao Liu. Un tout nouvel auteur, qui nous propose ici une métaphysique du code informatique. La nouvelle est impossible à résumer (je risquerais de divulgâcher). Elle se déploie dans un univers numérique étrange, presque fantastique, parfois onirique, avec des tranches de vie liée par la matrice. Un style percutant. A lire résolument.
La Maladie de Zhao, de Thomas Day. Courte nouvelle sur un sujet d’actualité, l’euthanasie. Là encore, je ne la résume pas car ce serait dommage de divulgâcher. Ce récit pourrait ne pas être SF, et il sait toucher l’indicible avec sensibilité. L’auteur ne déçoit jamais.
Sur la question des soins palliatifs planétaires, de Thomas Ha. Le Curateur ne soigne pas : il accompagne les planètes mourantes. Une tâche ô combien difficile, aussi un ancien écrit une lettre à son lointain successeur pour lui prodiguer ses conseils. Ce texte dégage une certaine force.
Je parle au vent, de Michel Pagel. Hommage à Roland C. Wagner, ce texte est ancré dans la France de la fin du XXe siècle, et dans le milieu SFFF. Le fantastique s’empare peu à peu du récit, et je ne suis pas sûre d’avoir saisi le propos.
Autres chroniques dans la blogosphère : le nocher des livres, Gromovar, Tigger Lilly,
Présentation de l’éditeur : « Icône de la SF contemporaine, Roland C. Wagner (1960-2012) a disparu de façon aussi précoce que dramatique au cœur de l’été 2012, dans un accident de la route qui n’a pas manqué de traumatiser une bonne partie du milieu de l’Imaginaire francophone. Le fait est que Roland, tout le monde l’aimait. Pour son énergie, sa positivité, sa drôlerie, sa gentillesse, sa culture du genre, sa sincérité, son talent. Par bien des aspects, il incarnait à lui seul l’essence de la science-fiction, ou à tout le moins d’une certaine science-fiction : libertaire, inventive, politique (de gauche) et musicale, populaire mais pas mièvre, ambitieuse mais pas bêcheuse. Une cinquantaine de romans, le double de nouvelles… Roland écrivait beaucoup. Tout le temps, en fait — il vivait de ses écrits. Il traduisait, chroniquait (dans Casus Belli, pendant quinze ans, mais aussi pour Bifrost), chantait une espèce de punk rock plus ou moins audible avec le groupe Brain Damage. Et ne ratait jamais la moindre convention (il fut élu plus jeune fan de SF, à l’âge de 14 ans). On l’y repérait aisément ; il était souvent debout sur une table… Ce dossier est une nécessité. Parce que son œuvre est loin d’être totalement disponible en neuf. Parce que les souvenirs se brouillent, qu’il est important de le (re)lire et de ne pas oublier combien il a apporté et apporte encore. Si la SF est une littérature de strates, celle de Roland sent le haschich, affiche toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et plonge ses racines très loin dans le riche humus de la littérature populaire française. Amis de toujours et spécialistes (qui se confondent souvent) se sont ici réunis pour l’analyse, l’hommage et la mise en perspective. « L’esprit de la Commune vivra éternellement dans nos cœurs virtuels », nous dit Gloria dans « Les Futurs Mystères de Paris ». Ça tombe bien, parce que l’esprit de la Commune, c’est aussi celui de Roland… et le nôtre pour beaucoup. »
Bifrost n°113, dossier Intelligence artificielle
Bifrost n°114, dossier Iain M. Banks
Bifrost n°115, dossier James Jr. Tiptree
Bifrost n°116, dossier Catherine Dufour
Bifrost n°117, dossier Harlan Ellison
Bifrost n°118, dossier Ayerdhal
Bifrost n°119, dossier Greg Bear
Bifrost n°120, dossier multiversalime
Bifrost n°121, dossier Jo Walton
Bifrost n°122, dossier Amazing Stories
Bifrost n°123, dossier Roland C. Wagner

Un bon cru, à nouveau ! Et cela m’a permis de me replonger dans l’œuvre de Roland C. Wagner. Que demander de plus ?
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Cà fait une paille que je n’ai pas acheté Bifrost. Celui-ci je le chroniquerais avec plaisir, par pure nostalgie. Faut voir…! Déja rien que pour Caza en couvrante..!
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