Fantastique

Terreur, de Dan Simmons

Genre : Fantastique (Horreur).
Première édition : 2008 en VF (The Terror, 2007 en VO)
Présentation de l’éditeur : « Le 19 mai 1845, le HMS Erebus et le HMS Terror quittent l’Angleterre sous les vivats de la foule. Avec ces navires, le vénérable sir John Franklin entend enfin percer le mythique passage du Nord-Ouest. Mais à l’enthousiasme succèdent bientôt la désillusion, puis le drame… Mal préparée, équipée et dirigée, l’expédition se retrouve prisonnière des glaces et de la nuit polaire. La mort frappe. La maladie se répand. La faim, la mutinerie et la folie couvent. Et rôde une mystérieuse et terrifiante créature, incarnation des peurs ancestrales de l’homme face aux éléments.
Le 19 mai 1845, cent vingt-neuf hommes partaient pour un voyage au bout de l’enfer blanc. Combien en reviendront vivants ?
« 

Ma chronique :

En 1845, l’expédition maritime Flanklin, composée des navires HMS Erebus et HMS Terror, part vers l’Arctique en espérant découvrir le mythique passage du Nord-Ouest qui relierait l’Atlantique et le Pacifique par le nord du Canada. Personne ne reverra jamais aucun membre des équipages ; seuls quelques rares vestiges trouvés des années voire un siècle plus tard suggèrent de maigres pistes sur le destin des quelque 129 marins.

Sur cet événement historique pourtant peu joyeux, l’auteur a imaginé un récit entraînant, un pavé maîtrisé où différents narrateurs — des officiers et des subalternes — vivent le froid, la faim, la peur, l’espoir et le désespoir, les morts successives de leurs coéquipiers, et surtout la terreur devant un ennemi qui les pourchasse. Car une créature rode, attrape et tue les marins sur cette mer gelée.

La touche fantastique, qui s’insinue lentement dans le roman avec cette créature, est renforcée par la présence d’une jeune Esquimaude muette — sa langue ayant été arrachée — et dont les faits et gestes restent mystérieux. Les plus superticieux de l’équipage vont rapidement lui attribuer une influence sur le cours des événements, au grand damne des officiers plus rationnels.

La Terreur, c’est le nom d’un des bateaux pris dans les glaces et qui menace de céder sous la pression. La Terreur, c’est la créature mystérieuse, presque invisible, qui se repaît de chair humaine. La Terreur, c’est la maladie, la nourriture avariée, la promiscuité, les tensions entre les hommes. Dans cet enfer, des membres d’équipages s’avèrent retors tandis que leurs collègues restent fidèles à leurs principes, dont le commandant de l’expédition, Franklin, incompétent pour le malheur de tous. Un cadre où la comédie humaine — ou plutôt, la tragédie — bat son plein avec les risques de mutinerie et les mauvaises décisions. On retrouve ici un thème typique des romans d’horreur : la menace du surnaturel n’est rien par rapport à la menace des humains.

Les récits des narrateurs s’entrecroisent et n’ont pas la même temporalité : certains citent la mort d’un autre personnage, qu’on retrouve ensuite quelques jours plus tôt relatant sa propre histoire ; et le lecteur curieux dévore le livre pour savoir comment il a perdu la vie. On se doute de la fin, et on apprécie que l’auteur ait su ménager, malgré tout, un suspense haletant.

La connaissance de la vie des marins de la Royal Navy du XIXe siècle ressort de chaque page, les navires devenus des prisons sont détaillés dans le moindre recoin, et on comprend que l’auteur s’est intensément documenté. L’exploration de l’âme humaine n’est pas oubliée, loin de là, grâce à une galerie de personnages fouillés et crédibles qui forment un récit choral où chaque voix apporte sa vision des événements et de la créature meurtrière.

Roman historique, roman d’aventures, roman de survie, mais aussi roman fantastique où l’horreur est tapie dans l’ombre, Terreur sait surprendre le lecteur grâce à une fin que j’ai beaucoup appréciée.

À lire pour tous ceux qui souhaitent un récit solide et prenant.

Autres chroniques dans la blogosphère : Just a Word, Gromovar, Feydrautha / L’épaule l’Orion, Lutin / Albédo, Le Bibliocosme / Boudicca, Célinedanaë,

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7 réflexions au sujet de “Terreur, de Dan Simmons”

  1. C’est « Terreur » (bien plus que « L’échiquier du mal » qui m’a laissé froid et hermétique) qui m’a fait comprendre que le Simmons versant Fantastique était bien plus intéressant que celui SF d’Hyperion (par exemple) qui ne m’est apparu à la lecture que comme un simple et banal catalogue d’idées SF que d’autres eurent avant lui. Suivirent au rayon des romans lus, sur le même modèle que « Terreur », « Drood » et « Collines noires » (« L’abominable » exclus). J’adore le Simmons Fantastique, il est copieux, largement documenté, historiquement intéressant au-delà de l’argument Fantastique en faible argument de départ.
    Belle chronique que la tienne.

    Aimé par 1 personne

    1. J’avais lu le premier tome d’Hyperion en VO, et je compte le relire en VF pour enchaîner sur la suite.
      Mais il faut le temps, car ce sont des pavés^^
      Pour la suite, je ne sais pas encore quel livre je piocherai dans sa bibliographie, et je note tes remarques 😉

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