Science-Fiction, Uchronie

Les Temps ultramodernes, de Laurent Genefort

Genre : Science-Fiction (Uchronie).
Première édition : 2022 en VF
Présentation de l’éditeur : « En débarquant à la capitale, en quête d’un emploi d’institutrice, Renée est loin de se douter qu’elle va tomber sur un Martien blessé. Mais ce Paris-là n’est pas le nôtre. Grâce à la découverte de la cavorite, un métal miraculeux, les voitures volent, des paquebots transcontinentaux appontent aux quatre tours Eiffel parisiennes, et Mars est une destination comme une autre.
Quand Marie Curie découvre que la cavorite a une durée de vie limitée, elle ignore à quel point le monde va en être bouleversé. Deux ans après le « vendredi noir » de 1923, les empires occidentaux bataillent pour récupérer les dernières miettes de la si précieuse manne.
Contre vents et marées, Renée soigne son protégé et décide de le ramener sur sa planète natale. Comme elle, Marthe, une intrépide journaliste, et Georges, un jeune artiste pris dans un mouvement politique qui le dépasse, seront les témoins, mais aussi des acteurs de premier plan, de cette époque-charnière pleine de bruit et de fureur.
« 

Ma chronique :

Dans un Paris des années 1920 uchronique, la cavorite, métal antigravitationnel, permet l’utilisation d’engins volants dans les airs de la capitale, au-dessus de l’Atlantique ou vers Mars ! Car la planète rouge est le fruit de la colonisation de quelques puissances, dont la France.

Mais voilà : non seulement les mines de cavorite s’épuisent, mais en plus Pierre et Marie Curie ont découvert que le rayonnement de la cavorite, annulant la gravitation, est beaucoup plus court que ce qu’on pensait et est limité à quelques années. S’en est suivie une grave crise, puisque toute la civilisation moderne tournait autour de ce métal.

Dans ce contexte, nous suivons à Paris Renée, institutrice à la recherche d’un emploi et qui va recueillir un erloor (un Martien) blessé ; Georges, artiste sans le sou qui se mêle aux anarchistes ; Marthe, journaliste scientifique passionnée par la science mais dotée d’un mari peu encourageant ; Maurice, commissaire de police proche de la retraite et adepte des vieilles méthodes ; ou encore Marcel, médecin déchu car il stérilisait des femmes pauvres dans une perspective d’eugénisme.

Les différents arcs narratifs, qui se croiseront parfois, vont dessiner un mystère autour de la cavorite et des habitants de Mars, les erloors, espèce intelligente mais considérée par beaucoup comme des animaux puisqu’ils n’ont pas développé une civilisation technologique.

L’un des gros points forts de ce roman est la plume, fluide et agréable. Les chapitres relativement courts, passant d’un narrateur à un autre, sont très entraînants. L’univers a beau être uchronique, on s’y croit et les scènes sont très vivantes, rappelant le Paris des années 1920 qu’on connaît, mêlé à une touche de science-fiction grâce aux appareils volants — voire aux vaisseaux spatiaux assurant la liaison vers Mars — et à une Histoire modifiée. On est dans une ambiance steampunk transposée au début du XXe siècle très réussie.

La quête des personnages est l’élan du récit ; au-delà de l’intrigue générale qui expose un trafic de cavorite, le lecteur suit les péripéties qui vont bouleverser leur vie. Car le récit ne manque pas d’actions, certaines rappelant les vieux films, tandis que d’autres lorgnent du côté de la science-fiction old school (les Martiens !) mais dépoussiérée avec des thématiques modernes, la plus marquante étant les droits des « colonisés », auxquels on peut ajouter la place des femmes dans la société, le cynisme des gouvernements ou encore la dépendance d’une civilisation à une source d’énergie non renouvelable. Même si la conclusion n’offre pas de grande surprise (les révélations arrivent au fur et à mesure), on est séduit par l’univers convaincant et le rythme entraînant du roman.

Une lecture captivante.

Autres chroniques dans la blogosphère : Le Chien critique, Gromovar, L’épaule d’Orion / FeydRautha, Albédo / Lutin, Le Maki / Yogo, le nocher des livres, Le dragon galactique / Tigger Lilly, Le bibliocosme / Dionysos, Au pays des cave trolls / Célinedanaë, Zoe, Tachan,

2 réflexions au sujet de “Les Temps ultramodernes, de Laurent Genefort”

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s