Science-Fiction, Space-Opera

Latium (tome 2) de Romain Lucazeau

Genre : Science-Fiction.
Première édition : 2016.
Présentation de l’éditeur : « Dans un futur lointain, l’espèce humaine a succombé à l’Hécatombe. Reste, après l’extinction, un peuple d’immenses nefs stellaires, confrontées à une redoutable invasion extraterrestre. Plautine fut l’une d’elles. À présent réduite à un corps unique, hantée par de mystérieuses réminiscences, elle accompagne Othon, automate obsédé par sa propre gloire, dans l’Urbs, siège du pouvoir impérial. Mais le complot qu’elle y met au jour dépasse ses pires craintes. Réfugiés à bord du vaisseau géant Transitoria, traqués par leurs ennemis, Plautine et Othon se lancent dans une quête métaphysique dont l’enjeu n’est autre que le retour du dernier Homme. Latium est un space opera aux batailles spatiales flamboyantes et aux intrigues tortueuses. Un spectacle de science-fiction vertigineux, dans la veine d’un Dan Simmons. Il a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire, le Chrysalis Award et le prix Futuriales révélation en 2017.« 

Ma chronique :

Ce tome est la suite directe du précédent : en réalité, il s’agit d’un roman découpé en deux. Je m’efforce d’éviter tout divulgâchage concernant la fin du tome précédent, d’où un flou sur certains sujets. Mais ne vous y trompez pas : quand vous êtes dans la lecture de cette deuxième partie, vous êtes happé tellement les enjeux sont grands.

Nous avions quitté le tome 1 avec beaucoup de questions concernant l’Hécatombe qui avait marqué la fin de l’humanité, tout en nous demandant si Plautine et ses alliés verront l’aboutissement de leur quête.

Le tome 2 démarre sur les chapeaux de roue, quand un des protagonistes arrive dans l’Urbs, la « capitale » des Intelligences. Dans cet univers très inspiré de la culture grecque et romaine, ce monde artificiel fait inévitablement penser à une Rome centre du monde qui cache de multiples pièges pour le non-initié. Ou pour celui qui est parti si longtemps qu’il n’est plus au fait des intrigues politiques et des luttes pour le pouvoir dans la ville. Très vite, le lecteur est pris dans une succession de rebondissements mettant en jeu la survie — si on peut dire — de ces Intelligences, qui se déchirent et dont les motivations complexes s’entrechoquent.

Embrigadées dans un Carcan qui les incite à protéger un Homme qui n’existe plus, les Intelligences se sont lentement enfoncées dans la sénescence et sont devenues terriblement humaines : si certaines sont capables d’attachement, d’autres sombrent dans le désir du pouvoir. En parallèle, ce Carcan semble être une allégorie de l’absence de ce libre arbitre que des Intelligences cherchent à conquérir, chacune à sa façon. Le thème de la liberté de choisir — ou pas — son destin revient fréquemment.

Les Hommes-Chiens, eux aussi, aimeraient s’émanciper mais ils découvrent que l’avenir de leur espèce est étroitement lié aux Intelligences. Une autre vision de la contrainte se dessine : quand on bénéficie de l’intelligence « humaine », on ne veut plus la perdre. Tout comme le premier tome, ce livre offre des sources de réflexion sur ce qui fonde une civilisation, et la visite du satellite de Jupiter Europe est particulièrement glaçante. Dans un univers où les frontières entre le vivant et le mécanique s’effritent, la question de la survie surgit pour ces Intelligences confrontées à la menace d’une autre espèce biologique conquérante venant des confins de la galaxie.

Plus on avance, plus les enjeux sont prenants : la recherche de traces de l’Humain, les conflits entre Intelligences, la compréhension du passé qui recèlerait des clefs pour le présent, ou les réactions face à une menace extérieure. Et régulièrement, des descriptions excitent émerveillent, grâce à un sens of wonder de très haut niveau, une imagination fascinante et une mise en scène des technologies qui sait être poétique et surprenante.

Car au-delà de questions philosophiques incarnées dans l’organisation des Intelligences ou les événements qu’ils affrontent, l’auteur nous raconte un récit bigger than life et nous fait voyager avec Plautine qui reste fidèle à sa quête et s’interroge sur sa raison d’être.

Latium (tome 1)
Latium (tome 2)

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