Antiquité, Historique, Science-Fiction, SF Générale

Household Gods, de Judith Tarr et Harry Turtledove

Mon avis : 12/20.

Genre : Science-Fiction (voyage dans le temps).
Première édition : 1999 (non traduit).
Présentation de l’éditeur : « Nicole Gunther-Perrin is a modern young professional, proud of her legal skills but weary of childcare, of senior law partners who put the moves on her, and of her deadbeat ex-husband. Following a ghastly day of dealing with all three, she falls into bed asleep – and awakens the next morning to find herself in a different life, that of a widowed tavernkeeper in the Roman frontier town of Carnuntum around 170 A.D.
Delighted at first to be away from corrupt, sexist modern America, she quickly begins to realise that her new world is as complicated as her old one. Violence, dirt, and pain are everywhere – and yet many of the people she comes to know are as happy as those she knew in twentieth-century Los Angeles. Slavery is a commonplace, gladiators kill for sport, and drunkenness is taken for granted – but everyday people somehow manage to face life with humour and good will.
No quitter, Nicole manages to adapt to her new life despite endless worry about the fate of her children « back » in the twentieth century. Then plague sweeps through Carnuntum, followed by brutal war. Amid pain and loss on a level she had never imagined, Nicole finds reserves of strength she had never known. »

Ma chronique :
Nicole, avocate de Los Angeles divorcée, est souvent dépassée par ses deux jeunes enfants en dépit – ou à cause – de son éducation bienveillante, alors que son ex-mari rechigne à payer la pension alimentaire malgré son bon train de vie. Elle se voit confrontée au plafond de verre quand la nomination d’un nouvel associé lui échappe, et se convainc que c’était mieux pour les femmes « avant » (!). Un soir où elle est exténuée, elle regarde à nouveau les deux anciens dieux latins sculptés sur une plaque votive qu’elle avait acheté à Vienne, lors de son voyage de noces en Europe. Elle se met à souhaiter vivre pendant l’Antiquité Romaine et leur adresse une prière, pas vraiment sérieusement… Mais les dieux l’écoutent et exaucent son vœu : elle se réveille dans le corps d’Umma, une lointaine ancêtre vivant dans la ville romaine de Carnuntun près de Vienne, en 170 après JC.

J’ai lu ce livre sur les conseils chaleureux d’un ami.

J’ai trouvé que ce livre écrit à quatre mains avait du très bon, comme du pas bon du tout!

Commençons par le positif : la plume des auteurs est incroyable pour retranscrire le quotidien et ses tracas, que ce soit dans le Los Angeles des années 1990 ou dans l’Antiquité Romaine. Je suivais les journées de Nicole / Umma comme si je les vivais : sa dernière journée à Los Angeles, où elle est dépassée par les enfants, prise dans les embouteillages qu’elle tente de contourner sans jamais y arriver, son bureau où elle réalise qu’elle ne gravira pas les échelons, ses tracas financiers car son ex-mari ne paie pas la pension alimentaire; puis ensuite sa vie à Carnuntum avec la saleté, la puanteur, les poux, les vêtements rugueux, les pots de chambre vidés par les fenêtres, l’eau pure rendant malade, les journées exténuantes car tout doit être fait manuellement… Chaque geste du quotidien nous fait vivre ce qui arrive à Nicole, y compris quand elle réalise que dans l’Antiquité, la vie est fragile et tout le monde peut mourir de maladie à tout instant.

Malheureusement, de mon point de vue ce livre comporte une grosse faille : la personnalité de Nicole elle-même. Quand à Los Angeles elle se convainquit que « c’était mieux avant » pour les femmes, j’ai mis cette idée absurde sur le compte de sa fatigue et sa déprime. Mais en avançant dans le livre, j’ai compris que c’est un des traits de caractère essentiels du personnage imaginé par les auteurs. Elle croyait réellement que pendant l’Antiquité existait une certaine égalité homme-femme ! De façon plus générale, son inculture historique m’a affligée : elle croyait que l’esclavage se résumait à la traite négrière et elle est surprise de voir des esclaves blancs à Carnuntum, elle ne savait pas que les femmes étaient des mineures selon la loi, et j’en passe. Elle découvre un monde parfois violent et cruel, toujours injuste, mais elle ne peut pas s’empêcher de raisonner en Américaine (soi-disant) éduquée des années 90 pour tenter d’imposer ses vues, son hygiénisme et sa bien-pensance, ce qui lui causera quelques problèmes et beaucoup d’incompréhensions dans son nouvel entourage.

De plus, malgré son niveau d’éducation elle ignore totalement ce qu’est la « vraie » nature, avec les maladies apportées par la nourriture, les animaux sauvages dangereux ou encore les épidémies. J’ai eu l’impression d’une Américaine qui vivait dans sa bulle.

Difficile de noter ce livre : l’écriture et le talent pour décrire le quotidien vaut un 18/20, et c’est bien l’immersion dans la ville romaine qui m’a donné envie de terminer le livre. Toutefois l’ignorance de Nicole m’a semblé irréaliste (à moins de croire que les Américains seraient tous affligés d’une inculture historique crasse) et m’a plusieurs fois exaspérée. Donc pour le personnage principal j’attribue une note de 6/20. En étant gentille et en faisant une moyenne, j’accorde une note finale de 12/20, en prévenant toutefois qu’il faut lire le livre en prenant du recul avec la construction du personnage de Nicole. Peut-être est-ce la raison pour laquelle ce roman n’a pas été traduit : il s’adresserait à une typologie d’Américains et désirerait leur faire prendre conscience de la réalité de l’Antiquité à travers un personnage qui leur semblerait crédible, alors que les Européens trouveraient ce même personnage ridicule?

Aparté sur la classification : l’élément fondateur de ce roman est un voyage dans le temps, qui est un thème classique de la science-fiction. Mais évidemment, nous sommes très loin des romans de science-fiction habituels! On pourrait aussi considérer cette oeuvre comme un roman historique, toutefois le personnage de Nicole/Umma, avec ses pensées et ses réactions, n’aurait pas pu exister dans un vrai univers antique.

Mon avis : 12/20.

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