Anticipation, Science-Fiction

Minority Report et autres récits, de Philip K. Dick (ou Total Recall et autres récits)

Mon avis : 15/20.

Genre : Science-Fiction.
Première édition : 1953-1969 (nouvelles).
Présentation de l’éditeur : « Washington, 2054. John Anderton est membre de Précrime, une unité gouvernementale utilisant les dons de prescience de trois mutants, les précogs, pour arrêter les criminels avant leur passage à l’acte. Avant même qu’ils aient imaginé de passer à l’acte. Anderton a une confiance aveugle dans les prédictions des précogs. Mais quand, chasseur devenu gibier, il se retrouvera lui-même accusé du meurtre d’un homme qu’il n’a jamais rencontré, il lui faudra découvrir les véritables rouages de Précrime pour prouver son innocence. Après Blade Runner, le chefs-d’oeuvre de Ridley Scott, l’oeuvre de Philip K. Dick a inspiré quatre des films de science-fiction les plus remarquables de ces dernières années : Total Recall, Planète hurlante, Impostor, et Minority Report. Réunies dans ce recueil à l’occasion de l’adaptation par Steven Spielberg de Minority Report, les nouvelles à l’origine de ces longs-métrages illustrent l’imaginaire exceptionnel de l’auteur de Substance Mort. »

Ma chronique :

Ce recueil de nouvelles a été réédité sous le nom : Total Recall et autres récits.

9 courtes nouvelles de Philip K. Dick, où il développe quelques idées clefs souvent intéressantes. D’habitude, je n’affectionne pas trop les nouvelles, mais c’est un format qui convient bien à l’auteur. Une première entrée idéale dans son univers, pour les lecteurs qui ne le connaissent pas.

Rapport Minoritaire (The Minority Report qui a inspiré le film Minority Report) : un questionnement sur la paranoïa, mais aussi sur le destin : si on le connaît, ne fait-on pas ce qu’il faut pour le changer ? Et est-ce qu’une société a le droit de se prémunir de la criminalité en enfermant des personnes n’ayant pas encore commis de crime ? De la science-fiction à l’époque de l’écriture de la nouvelle, un sujet d’actualité aujourd’hui.

Comparaison avec le film : les protagonistes sont différents, et à première vue l’histoire est semblable, sauf la fin du film qui est un happy end de Hollywood (alors qu’il n’y a jamais de happy end chez Philip K Dick).
Mais surtout, dans la nouvelle la raison de la désignation du héros comme futur criminel est plus complexe que dans le film. Et les précogs sont des humains sélectionnés enfants qui avaient un QI faible, mais des pouvoirs psy, et « élevés » pour développer à l’extrême ce don au mépris de leur développement psychique et physique, alors qu’Hollywood a préféré choisir de belles jeunes femmes. Bref, Spielberg a quand même beaucoup ripoliné l’histoire !

Un Jeu Guerrier (Captive Market) : une courte variation sur la guerre psychologique, avec en toile de fond une critique du capitalisme comme on le trouve ailleurs chez l’auteur. Le retournement final est savoureux !

Ce que disent les morts (What the Dead Men Say) : on y découvre un élément repris plus tard dans « Ubik » : les humains ne meurent pas tout à fait s’ils sont congelés à temps, et ils leur restent quelques heures de « semi-vie » à étaler dans le temps, pendant lesquelles les proches peuvent communiquer avec leurs « morts ». En réalité, une société qui refuse la mort. Il est intéressant de voir comment l’auteur a traité différemment cette idée ici, en explorant des réflexions sur le pouvoir, l’influence, la contrainte ou la manipulation. Il met aussi en scène une ancienne droguée devenue mystique, et parfois on se demande si l’auteur ne nous parle pas de lui-même.

Ah, être un Galate (Oh, to Be a Blobel !) : un homme qui a été transformé pour infiltrer les Galates, sortes de grosses masses gélatineuses, ne peut retrouver toute une journée forme humaine. On pourrait croire cette courte nouvelle potache, si ce n’est le fond désabusé et l’impression d’un destin inexorable.

Souvenir à vendre (We Can Remember it for You Wholesale qui a inspiré le film Total Recall) : un des thèmes majeurs de l’auteur, la réalité que nous voyons est-elle la vraie réalité ? La fin est différente de la version hollywoodienne, et je trouve celle de l’auteur beaucoup plus intéressante, grâce à un beau retournement final !

Comparaison avec le film : le début de l’histoire est le même, puis Hollywood a pas mal brodé la suite, pour nous offrir là aussi une fin très happy end. Dans la nouvelle, le héros reste sur Terre et l’histoire est plus courte, mais la chute finale proposée par Philip K. Dick est très bonne (et pas happy end). Bref, le film de Verhoeven est là encore un affadissement de la nouvelle.

La foi de nos pères (Faith of our Fathers) : une uchronie qui rappelle par certains aspects « le maître du Haut Château », mais aussi l’univers de « 1984 » qui a dû ici inspirer l’auteur. Nouvelle très intéressante sur le totalitarisme et sur la perception de la réalité (encore) sauf… la fin qui semble être un mauvais trip hallucinatoire et mystique.

La fourmi électrique (The Electric Ant) : après un accident, un homme découvre qu’il n’était qu’un robot. Encore une nouvelle sur la réalité, qui me paraissait décevante, car la méthode du protagoniste pour s’interroger sur sa perception de la réalité et sa modification me semblait un artifice de scénario. Jusqu’à ce qu’arrive la conclusion, qui est digne d’intérêt.

Nouveau Modèle (Second Variety qui a inspiré le film Planète Hurlante) : dans une ambiance de fin du monde, les humains ont développé des armes… qui tuent indistinctement les humains.

Comparaison avec le film : au contraire du film, l’action se passe sur Terre, et quelques protagonistes sont différents. Malgré tout, on a la même ambiance, une histoire et une fin similaire dans l’état d’esprit. Donc je trouve que c’est une bonne adaptation.

L’imposteur (Impostor) : lors d’une guerre avec une autre race, un chercheur est poursuivi, car on pense qu’il a été remplacé par un robot porteur d’une bombe. Comment prouver qu’il est humain ?

Mon avis : 15/20

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